|
de Marc Augé, Cornilius Castoriadis, Maria Daraki, Philippe Descola, Claude Mossé
Dans l'élaboration de son projet historique, l'Europe moderne s'était donné la Grèce comme ancêtre, et il est vrai qu'un certain nombre de valeurs ont réellement traversé le temps. Mais aujourd'hui la volonté se fait sentir de corriger la trajectoire. La réflexion inquiète que suscite désormais la globalisation de l'économie et finalement de la politique, peut se nourrir d'une donnée historique réelle. Parmi toutes les grandes civilisations de l'antiquité, celle qui a le mieux permis aux hommes de maîtriser leur sort eut pour cadre une microsociété autonome, la polis grecques. Les travaux de ce Colloque ont mis en évidence les traits d'une Grèce alternative dans différents domaines : la politique, en tout premier lieu qui, en Grèce, "neutralise le pouvoir" ; les attitudes face à la nature, indissociables du sentiment du beau ; une liberté d'esprit incomparable et cependant pétrie de religiosité... Pourquoi la Grèce serait-elle bonne pour "penser l'avenir" ? Mais parce qu'elle a déjà servi à cela, et repenser la Grèce c'est repenser le projet de modernité. |